L’Afghanistan connaît le plus grand phénomène de migrations forcées des trente dernières années : on compte présentement presque 3 millions d’exilés afghans s’étant réfugiés dans les pays avoisinants. Toutefois, plus de 5 millions de réfugiés sont retournés en Afghanistan depuis 2002 ; un tel nombre signifie que leur réintégration ne se fait pas sans heurts. Le RET a d’abord travaillé avec des réfugiés Afghans vivant au Pakistan entre 2001 et 2007, et a par la suite concentré ses efforts sur le retour des réfugiés en Afghanistan, les aidant pendant le rapatriement et la réintégration. Malheureusement, les communautés d’accueil sont épuisées par les conflits des dernières décennies, et disposent de peu de ressources ; par conséquent, leur capacité de réintégrer les réfugiés demeure limitée dans le meilleur des cas. Selon le HCR, dans les zones qui accueillent le plus grand nombre de rapatriés, c’est jusqu’à un tiers de la population qui est composé de réfugiés étant revenus au pays.

La sécurité est pratiquement inexistante, les services sociaux sont sévèrement inadéquats. Malgré l’ampleur de l’attention médiatique dédiée aux questions de genre en Afghanistan, sur le terrain il demeure des inégalités énormes entre les hommes et les femmes, et les garçons et les filles – et ce dans tous les aspects de la vie. L’inégalité de genre en éducation est un problème urgent : les fillettes et les jeunes femmes dont le père ou le mari est mort dans le conflit doivent souvent prendre soin des autres membres de leur famille et subvenir à leurs besoins. Sans un niveau suffisant d’éducation ou de formation technique, c’est une tâche exceptionnellement difficile dans un contexte de discrimination envers les femmes, dont les droits restent, dans les faits, très limités.

En Afghanistan et au Pakistan, le RET a surtout travaillé avec des jeunes femmes défavorisées, dont plusieurs veuves de guerre. Les projets visaient à leur donner un sens d’autonomie, d’indépendance, de confiance en soi et d’autosuffisance, à travers des formations en aptitudes de vie et en éducation à la paix, des projets de génération de revenus, des cours d’alphabétisation et d’apprentissage du calcul, des mathématiques et des technologies de l’information. La formation dispensée dans ces sujets leur ouvre des portes et leur offre des opportunités qui auraient autrement été impensables, et qui leur permettent de participer à la reconstruction de leur société. Le RET met sur pied des projets holistiques qui incluent la formation des enseignants et des directeurs d’écoles, la construction et la rénovation d’écoles et d’établissements scolaires, la fourniture de matériaux et d’équipements, et des formations reconnues au niveau national tant pour les étudiants que pour leurs enseignants.