Au cours des dernières décennies, plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont connu des changements profonds dans plusieurs aspects de la vie politique et économique. Tous ces processus ont eu un impact immédiat sur les jeunes.

Avec presque 3 millions de déplacés internes, la Colombie a le plus grand nombre de déplacés internes de l’hémisphère ouest, et le deuxième au monde après le Soudan. Ces déplacements sont la conséquence d’un conflit armé qui s’éternise depuis plus de quatre décennies ; ce conflit oppose des guérillas de gauche, des paramilitaires de droite et les forces armées du gouvernement, et se trouve empiré par la production de coca et le trafic de drogues illicites. En 2006, le HCR estimait qu’à peine un étudiant sur huit était retourné à l’école après avoir subi un déplacement forcé. Les adolescentes et les jeunes femmes sont souvent victimes d’exploitation sexuelle et de viol, et cela contribue à leur manque de motivation et à leur incapacité à se rendre régulièrement à l’école. La protection des déplacés internes est de plus en plus difficile, comme plusieurs sont visés par les forces du gouvernement et par d’autres acteurs et font constamment face à l’intimidation et au harcèlement. Les leaders des déplacés sont régulièrement attaqués et même assassinés, et la sécurité fait cruellement défaut, tant dans les lieux d’origine que dans les communautés d’accueil.

Les populations autochtones sont souvent la cible des groupes paramilitaires et des guérillas ; les uns comme les autres ont parfois « recruté » des jeunes de force. Les solutions durables semblent souvent impossibles à trouver tant les problèmes s’accumulent : l’incapacité à répondre aux problèmes des filles et des femmes déplacées, l’insécurité qui règne dans certaines provinces et certaines zones frontalières, les difficultés d’accès à la terre, et les opportunités limitées d’accès au marché du travail et à d’autres options de subsistance.

Le RET est actif en Colombie depuis 2003, et y offre une multitude de programmes pour faciliter la transition des jeunes déplacés et pour assurer la création de moyens de subsistance par l’éducation, la formation et l’assistance psychosociale. Ses programmes aident les jeunes à travers l’éducation secondaire formelle, la formation professionnelle, les cours d’aptitudes de vie, le soutien technique aux enseignants, et le soutien psychosocial aux enseignants et aux élèves. Ces différents éléments contribuent à l’intégration des jeunes dans leurs nouvelles communautés, et à la prévention du recrutement des jeunes par les groupes armés, des gangs ou des employeurs ne respectant pas les lois sur le travail des enfants.